Favorable au changement de la Constitution congolaise en vigueur depuis février 2006, Ejiba Yamapia, président de la Plateforme des Églises du Réveil du Congo, fait face à des accusations l’associant au Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), ancienne rébellion soutenue à l’époque par Kigali avant sa transformation en formation politique sous la direction de Azarias Ruberwa.
Ces accusations interviennent dans un contexte politique marqué par les débats autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Certaines voix critiques reprochent à l’archevêque ses prises de position favorables à une révision de la Loi fondamentale, tandis que ses détracteurs tentent de le présenter comme un ancien acteur lié aux mouvements belligérants ayant déstabilisé le pays durant les années de guerre.
Invité jeudi 14 mai 2026 sur une radio locale à Kinshasa, l’homme d’Église a catégoriquement rejeté toute appartenance passée au RCD.Répondant à une question sur les accusations portées contre lui, Ejiba Yamapia a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne visant à discréditer son engagement patriotique.
« Ceux qui me taxent des belligérants, ce sont ceux qui pensent que ma façon de défendre la République gêne l’agenda des belligérants », a-t-il déclaré.
L’archevêque a rappelé avoir été élu député national de la circonscription de Mont-Amba entre 2006 et 2011, affirmant que son parcours politique ne saurait être assimilé à une quelconque implication dans une rébellion armée.
« Ceux qui ont la possibilité de chercher les archives vont retrouver que, sur mes affiches, il n’y avait aucun drapeau d’un parti politique », a-t-il soutenu, lançant « un défi » à ceux qui l’accusent de proximité avec le RCD.
Selon lui, sa présence sur certaines listes électorales relevait davantage des contraintes imposées aux acteurs de la société civile dans le système électoral congolais de l’époque.
« La société civile n’a pas le droit de présenter quelqu’un en tant que société civile. Il peut se présenter en indépendant, mais il faut savoir quelles sont les chances », a-t-il expliqué.
Poursuivant sa défense, le président de la Plateforme des Églises du Réveil du Congo a également rejeté toute implication militaire ou collaboration avec des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
« Je peux encore mettre n’importe qui au défi : quand est-ce que moi, je suis allé à Goma ou ailleurs pour prêcher l’Évangile ? Je ne sais même pas comment on tire un révolver avant de devenir un belligérant », a-t-il affirmé.
Les déclarations de l’archevêque interviennent dans un climat politique particulièrement sensible, où les débats autour de la réforme constitutionnelle alimentent tensions et polémiques. Si ses partisans saluent un discours qu’ils jugent patriotique et souverainiste, ses opposants estiment que ses positions publiques méritent davantage d’éclaircissements quant à ses anciennes affiliations politiques.
HERVÉ KABWATILA



























































