Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend remettre de l’ordre dans la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO). Présenté mardi devant le Sénat par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, un plan de redressement met l’accent sur l’assainissement financier et organisationnel de cette structure, fragilisée par de graves dysfonctionnements.
Selon un communiqué du cabinet du Garde des Sceaux, ce plan repose sur trois axes prioritaires : la remise en ordre des finances et de l’organisation interne, la réalisation d’un audit indépendant du fichier des bénéficiaires et l’élaboration d’un manuel de procédures transparentes. L’objectif affiché est de restaurer la crédibilité d’un fonds créé en 2023 pour gérer les indemnisations versées par l’Ouganda aux victimes des violences dans les provinces de l’Ituri, de la Tshopo, du Haut-Uele et du Bas-Uele.
Lors de cette plénière, le ministre a dressé un tableau préoccupant de la situation actuelle du FRIVAO. Guillaume Ngefa a dénoncé la politisation et l’instrumentalisation du processus d’indemnisation, ainsi que l’introduction de bénéficiaires fictifs dans la base de données. Il a également évoqué des pratiques de rétrocession sur les fonds alloués, pointant un système entaché d’irrégularités.
Répondant à une question d’actualité du sénateur Muya Muboyayi, le ministre a regretté le manque de traçabilité d’une part importante des fonds déjà perçus sous la gestion de son prédécesseur, Constant Mutamba. Sur les 195 millions de dollars déjà versés par l’Ouganda, dans le cadre d’un total de 325 millions, seuls 28 millions auraient effectivement atteint les victimes à ce jour.
Des missions de terrain menées à Kisangani ont permis de mettre en lumière une inflation jugée artificielle du nombre de bénéficiaires. Initialement estimé à 3 000 victimes identifiées et certifiées, ce chiffre aurait dépassé les 16 000, incluant, selon le ministre, « des vraies, fausses et victimes fictives ».
« Ce qui devrait être un sanctuaire de répartition est devenu le théâtre du dysfonctionnement systémique et du détournement des fonds publics », s’est indigné Guillaume Ngefa devant la chambre haute.
Face à ces dérives, le ministre a assuré que des mesures correctives sont en cours. Le plan de redressement prévoit notamment une nouvelle architecture de gestion des fonds afin de garantir que les indemnisations parviennent effectivement aux victimes. Il a également insisté sur l’urgence de relancer les activités du FRIVAO, dans un contexte marqué par une attente forte des populations concernées.
Cette réforme intervient à une étape charnière du processus d’indemnisation, alors que l’année 2026 correspond à la dernière tranche de paiement des fonds. Les autorités espèrent ainsi rétablir la transparence et la confiance autour d’un mécanisme crucial pour la réparation des préjudices subis par des milliers de Congolais.
L’assainissement financier et organisationnel fait partie des axes stratégiques du plan de redressement du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (frivao) en République démocratique du Congo (RDC), présenté par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, devant la chambre haute du Parlement, selon un communiqué.
«Pour restaurer la crédibilité du Fonds, le ministre a annoncé l’application d’un plan structuré autour de trois priorités : l’assainissement financier et organisationnel, un audit indépendant du fichier des bénéficiaires, l’élaboration d’un manuel de procédures transparentes», indique le communiqué du cabinet du Garde des Sceaux.
HERVÉ KABWATILA




























































