Mélissa Amisi Sharufa, une figure connue de l’entrepreneuriat et du secteur de la communication, incarne la détermination et la résilience de la femme congolaise.
Détentrice d’une licence en Économie de Développement, option Finances, de l’Université Catholique du Congo, ainsi que d’un master en Communication obtenu à l’European Communication School (ECS) en Belgique, son profil se positionne comme un catalyseur de changement au sein de sa communauté et au-delà des frontières.
Cette double formation lui a permis d’allier rigueur financière et puissance de la communication, deux leviers essentiels pour tout leader africain.
Très jeune, à l’âge de 17 ans, Mélissa Sharufa Amisi débute sa carrière comme assistante stagiaire à l’Ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa. Ce premier pas marque le début d’un cheminement diversifié, évoluant dans des secteurs variés tels que le pétrole, l’hôtellerie et la banque, avant de fonder son propre cabinet de conseil en communication, MAS Consulting, en 2014. Ce cabinet se consacre au service des entreprises, ainsi qu’aux personnalités publiques et politiques.
Mais au-delà des réalisations palpables de son jeune cabinet, Mélissa Sharufa a mis à profit ses compétences en communication, résultant d’un cursus universitaire exemplaire, loin de ses terres.
Des personnalités publiques aux établissements stratégiques de l’État, elle a contribué significativement à l’amélioration de leur image. C’est le cas notamment du Cadastre Minier, porte d’accès du secteur minier de la RDC, où elle a posé les bases d’une communication solide.
De plus, elle a géré la communication de l’organisation des Premières Dames du continent noir.
Un engagement sans faille contre le cancer
Passionnée par la santé publique, elle crée la Fondation Bomoko en 2017 pour lutter contre le cancer en RDC, un combat qui lui tient particulièrement à cœur.
Inauguré en 2022, le Centre de santé Bomoko offre des soins de prévention et de dépistage accessibles, devenant un pilier de la santé pour les Congolais.
Sharufa a porté la voix de cette lutte sur des plateformes internationales, notamment avec des interventions sur TV5 Monde Afrique en 2019 et France 24 en 2025.
Notre émancipation est un projet continental
Au sujet de l’émancipation des femmes en RDC, Sharufa est à la fois réaliste et optimiste. Elle constate des avancées grâce à une nouvelle génération de femmes qui refuse le statu quo, mais souligne que l’émancipation ne sera complète que lorsqu’elle sera inscrite dans les lois, les mentalités et les institutions.
En tant que panafricaniste, elle croit que le destin de la femme congolaise est indissociable de celui de la femme africaine : « Notre émancipation est un projet continental », confie-t-elle.
Néanmoins, les obstacles à l’émancipation restent nombreux, selon Sharufa.
Le poids des traditions et des normes sociales, ainsi que l’accès limité à l’éducation de qualité et au financement pour les femmes entrepreneures, constituent des freins importants.
Son travail avec la Fondation Bomoko a révélé que la santé des femmes demeure un angle mort des politiques publiques, car près de 44 % des décès enregistrés dans les hôpitaux en RDC sont liés au cancer, touchant principalement des femmes. L’absence de modèles visibles et de réseaux de soutien entre femmes freine également leur élan collectif, d’où l’importance de la sororité et du mentorat.
Investir dans le capital féminin
Pour Sharufa, la RDC regorge d’opportunités, que ce soit dans les mines, l’agriculture, la technologie ou la santé. Cependant, ces opportunités ne sont pas équitablement accessibles aux femmes. Elle affirme que le jour où la RDC investira massivement dans son capital féminin, le pays connaîtra un bond de développement sans précédent.
« L’Afrique ne se développera pleinement qu’en libérant le potentiel de ses femmes », ajoute-t-elle avec conviction.
Elle témoigne que l’entrepreneuriat n’est pas facile, surtout pour les femmes. « Entreprendre en RDC est déjà un défi pour quiconque ; pour une femme, c’est un parcours du combattant. » Elle rappelle les préjugés, le manque de financement et l’absence de cadre juridique protecteur qui rendent la tâche difficile.
Malgré ces défis, elle encourage les femmes à ne pas céder à la peur, à ajouter du sens à leurs actions et à s’entourer d’autres femmes qui les élèvent.
Son message à l’adresse des femmes congolaises est puissant : « Ne demandez pas la permission de rêver grand. L’Afrique a besoin de vos idées, de votre énergie et de votre audace. »
Sharufa Amisi se positionne ainsi non seulement comme une entrepreneure, mais aussi comme une visionnaire et un symbole d’espoir pour toutes les femmes en RDC.
Elle prouve que, même en traversant des obstacles, il est possible de se lever et de faire entendre sa voix, contribuant ainsi à un avenir meilleur pour toutes.
La Rédaction



























































