L’appel à la « ville morte » lancé par l’opposition pour protester contre la révision constitutionnelle a été diversement suivi. Face à la précarité et à la nécessité quotidienne de survie, de nombreux Kinois ont choisi de braver la timidité des rues pour vaquer à leurs occupations habituelles.
Cet appel, lancé par les leaders de l’opposition (notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund) a donné lieu à un bilan en demi-teinte à travers la capitale, face a un dilemme quotidien des Kinois, pris en étau entre la contestation politique et les impératifs d’une survie économique précaire.
Malgré l’appel des opposants politiques, le rythme de vie a repris peu à peu dans la capitale. Si certains secteurs et marchés ont montré une certaine timidité, beaucoup ont circulé pour subvenir à leurs besoins.
Un déploiement policier et militaire a été observé dans des zones stratégiques, notamment dans le district de la Tshangu, Lukunga, Mont-Amba.
Le mot d’ordre a été particulièrement visible dans le secteur éducatif, où plusieurs écoles (notamment des réseaux conventionnés catholiques) ont préféré garder leurs portes closes par mesure de prudence.
Au fil des heures, les marchés, les petits commerces et les vendeurs ambulants ont progressivement repris leurs activités.
La survie quotidienne face au mot d’ordre politique
Si l’opposition espérait paralyser totalement la capitale pour envoyer un signal fort au pouvoir en place, la réalité du terrain socio-économique kinois a dicté une autre conduite à la majorité de la population
L’économie informelle du « taux du jour »
Pour une immense partie des ménages kinois, l’essentiel des revenus dépend de l’économie informelle. Ne pas sortir une journée signifie ne pas manger le soir même. La nécessité de nourrir la famille l’emporte ainsi naturellement sur les mots d’ordre politiques.
La pression des autorités
Le gouvernement provincial de Daniel Bumba ainsi que le ministère de la Fonction publique avaient multiplié les appels à vaquer librement aux occupations, promettant des sanctions pour les fonctionnaires absents et garantissant le déploiement des transports publics Transco pour rassurer la population.
L’usure face aux méthodes de contestation
Une partie des citoyens exprime une forme de lassitude vis-à-vis des journées « ville morte », perçues comme pénalisantes pour la population pauvre sans pour autant infléchir directement les décisions des dirigeants.
En choisissant massivement de vaquer à leurs occupations malgré la peur légitime de troubles, les Kinois n’ont pas nécessairement désavoué le fond du message de l’opposition, mais ont rappelé que la quête quotidienne de la survie reste la priorité absolue dans la capitale congolaise.
JAMES KABWE





























































