Suite au drame survenu dans la nuit du 10 au 11 mars dernier à Kakanda, dans la province du Lualaba, le gouvernement congolais a pris des mesures fermes pour encadrer l’exploitation minière artisanale. Un éboulement sur le site de Safi a fait 11 victimes parmi les creuseurs illégaux qui travaillaient sur une portion du Permis d’exploitation n°469, appartenant au groupe Eurasian Resources Group. L’accident a provoqué une onde de choc, soulignant la gravité des conditions de travail dans le secteur minier informel.
Le ministère des Mines, par le biais d’un communiqué officiel publié ce 19 mars 2026, a annoncé un plan d’action visant à sécuriser les sites miniers, à formaliser le secteur et à lutter contre les activités illégales. Ces mesures font suite à la prise de conscience des risques humains et environnementaux associés à l’exploitation minière artisanale non encadrée, notamment dans les zones à haut risque.
Le plan du gouvernement congolais repose sur plusieurs axes majeurs, à commencer par la relocalisation des creuseurs artisanaux dits « de bonne foi ». Ces derniers seront transférés vers des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) spécialement aménagées. Ces zones offriront un cadre sécurisé et un accompagnement technique permanent pour garantir des conditions de travail respectueuses des normes de sécurité. Cette initiative est soutenue par le Service d’Assistance et d’Encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE), qui jouera un rôle clé dans l’encadrement et la régulation des activités.
La formalisation du secteur minier artisanal est également une priorité, avec pour objectif d’inclure les exploitants dans un cadre légal et de les protéger des dangers liés à l’exploitation informelle.
Parallèlement à ces mesures de soutien aux creuseurs artisanaux, le gouvernement congolais entend rétablir la légalité sur les concessions industrielles, en particulier celles de Boss Mining, l’une des entreprises phares du secteur. Le ministère des Mines a précisé que des efforts seraient déployés pour sécuriser les sites industriels, permettant ainsi la reprise des activités dans des conditions réglementées et débarrassées de toute occupation illégale.
Le gouvernement a également annoncé la poursuite de sa politique répressive à l’égard des activités minières illégales. En plus du maintien de la suspension des entités de traitement impliquées dans l’achat de minerais provenant de filières illicites, les autorités ont ouvert une enquête judiciaire pour identifier et poursuivre les réseaux clandestins responsables de ces pratiques. Ces derniers, souvent soutenus par des acteurs financiers, constituent un maillon essentiel dans le circuit de l’exploitation minière informelle et de la traite des minerais.
Avec ce nouvel ensemble de mesures, le gouvernement congolais cherche à briser le cycle de drames humains et à garantir une exploitation des ressources naturelles conforme aux standards internationaux. En poursuivant son ambition de formaliser le secteur minier artisanal, les autorités espèrent mettre fin aux risques d’éboulements et autres accidents sur les sites illégaux tout en préservant les intérêts économiques du pays.
La récurrence des incidents dans le secteur minier, notamment les pertes humaines liées à des pratiques non régulées, constitue un défi majeur pour le développement durable de la République Démocratique du Congo. Ces mesures sont donc perçues comme un pas décisif pour transformer le secteur, renforcer la sécurité des travailleurs et optimiser les recettes fiscales du pays.
HERVE KABWATILA




























































