Georgine Madiko Mulende, Directeur Général Adjoint de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP), s’est imposée comme une figure de proue du leadership féminin en République Démocratique du Congo, particulièrement à travers son action au sein des institutions publiques et dont la carrière est marquée par un engagement politique de longue date au sein du Parti Lumumbiste Unifié (PALU).
Figure politique et administrative de premier plan, Madame Géorgie Madiko Mulende est reconnue pour sa rigueur administrative. Elle a occupé des postes stratégiques où elle a promu la bonne gouvernance et la transparence. Son ascension au sein de l’appareil d’État sert de modèle pour briser le « plafond de verre » en RDC, encourageant davantage de femmes à briguer des postes de décision.
Diplômée en pédagogie appliquée, cette grande dame a été durant plusieurs années enseignante avant de devenir chef d’établissement scolaire, jusqu’à ce que la passion de servir l’État l’a conduite dans la politique où elle a été élue députée nationale. D’abord simple parlementaire de 2006 à 2009, ensuite membre du bureau de l’Assemblée nationale où elle a occupé la fonction de Deuxième vice-présidente poste qu’elle a assumé avec brio.
Georgine Madiko, met en avant des valeurs de gestion rigoureuse prônant l’intégrité, l’honnêteté, et la conscience professionnelle comme piliers de la réussite. Elle lutte pour une autonomisation réelle des femmes par la compétence et l’engagement citoyen.
Elle est perçue dans l’opinion comme faisant partie de la nouvelle génération de gestionnaires publics déterminés à moderniser l’administration congolaise. Elle a fait ses preuves depuis sa prise de fonctions à l’ARSP, en collaborant étroitement avec le Directeur général Miguel Kashal Katemb pour concrétiser la vision du Chef de l’État visant l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.
Le numéro deux de l’Autorité de régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP), s’est exprimé à cœur ouvert au reporter du média en ligne foxtime.cd, du combat de l’émancipation de la femme congolaise, ses obstacles, ainsi que ses opportunités pour son épanouissement.
Q/ comment percevez-vous le combat de l’émancipation de la femme congolaise aujourd’hui ?
« *La femme congolaise, son combat n’est pas du tout facile à cause du poids des préjugés sociaux et de la tradition qui estime que la femme c’est toujours quelqu’un qu’il ne faut pas mettre en avant-plan mais en arrière-plan. Je ne sais pour quelles raisons. Les gens ont évolué, mais la mentalité au sujet de la femme n’a pas beaucoup évolué. Bien qu’on soit en train de sensibiliser, mais jusque-là, en tout cas, ce n’est pas encore entré dans le mental du Congolais. Alors, ce qui fait que ce n’est pas facile pour une femme congolaise aujourd’hui de se frayer une place. Il faut vraiment beaucoup de courage et il faut avoir les nerfs solides pour résister dans les milieux professionnels, familiaux, et sociaux* »
Q/ à votre avis quelles sont les grands obstacles à l’émancipation de la femme congolaise ?
« *C’est surtout la mentalité de l’homme congolais, de l’homme africain qui estime que la femme est faite pour être derrière lui. Alors qu’on voit dans des endroits où on peut mettre une femme et un homme et que la femme réussisse à battre l’homme. Ça, c’est déjà arrivé. Et le caractère de l’homme qui souffre du complexe naturel de supériorité. Donc, ce sont là les deux points majeurs qui font que la femme soit bloquée et l’ego de l’homme, ça bloque aussi la femme* »
Q/ Pensez-vous que la société congolaise offre beaucoup d’opportunités ?
« *Non, pas beaucoup. Je peux dire que c’est 30% ou 20% d’opportunités. Justement, nous sommes toujours dans le principe de l’ego de l’homme et aussi de la mentalité qui n’a pas beaucoup évolué jusqu’à présent. Malgré tout ce que nous, femmes, nous pouvons faire, en tout cas, on nous accepte à peine. Une femme peut faire 90%, un homme peut faire 70%. En tout cas, on va encenser plus l’homme plutôt que la femme* »
Q/Pensez-vous que la femme politique a une tâche facile pour émerger en RDC ?
« Que ce soit dans les milieux professionnels ou politiques, en tout cas, la femme n’a pas de facilité. Et donc, pour qu’une femme réussisse à affronter les hommes en politique, il faut qu’elle se distingue. D’abord intellectuellement, que son travail la défende. De deux, que sa moralité la défende, et que son intégrité la défende. Et à ce moment-là, elle peut tenir tête. Mais même alors, si elle a ces trois qualités, elle a toujours du mal. Parce que les hommes s’arrangent toujours pour la détruire »
Madame Madiko parlant des difficultés dans la gestion d’entreprise en tant que femme, partant de son leadership exemplaire, celui de fédérer tout le monde en gardant un principe, « être ferme et dure comme un fer, mais tendre comme une mère »
Q/ Quel message pouvez-vous adresser aux femmes congolaises qui rêvent diriger une société un jour ?
« A toutes ces femmes qui rêvent de gérer une société, je m’adresse surtout à la jeunesse congolaise, jeunesse féminine congolaise. Il faudra que les jeunes filles acceptent d’abord de se faire former correctement, de ne pas accepter d’être favorisées dans un cours ou dans un autre, pour obtenir un papier qui ne vaudra rien du tout. Une tête bien formée vaut mieux qu’une tête bien pleine ou une tête vide. Il faut qu’elle soit très bien formée. De deux, il faut qu’elle soit moralement équilibrée, il faut qu’elle soit compétente et intègre. Une femme doit pouvoir se distinguer dans la société par sa façon d’être et ensuite par sa façon de faire. Alors, si on a ces qualités-là, je pense qu’on n’aura pas des difficultés, mais pas autant qu’une femme qui serait là, qui n’a aucune compétence, qui n’a aucune moralité et qui prétendrait à gérer la chose publique.
Q/ Un message pour les femmes qui subissent des atrocités, des guerres dans la partie orientale du pays ?
« Les femmes de l’Est, mes sœurs, parfois, vous vous sentez abandonnées. Mais sachez que de là où nous sommes, dans les quatre coins de la République démocratique du Congo, quand nous voyons les images qui viennent de l’Est, quand nous entendons des radios parler, la télévision balancer ce qu’il y a à balancer, les réseaux sociaux, nous avons un cœur brisé en mille morceaux. Parce que nous nous mettons dans votre peau, nous nous disons que si cela pouvait nous arriver à nous, qu’adviendrait-il ? Nous souffrons ensemble, nous sommes de cœur avec vous, mes sœurs. Nous vous soutenons d’une manière ou d’une autre. Tenez bon, les ténèbres ne régneront pas toujours. »
JAMES KABWE





























































