Human Rights Watch a condamné la répression violente de la manifestation de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), un bloc de partis politiques opposés au changement constitutionnel, organisée vendredi dernier à Kinshasa.
Selon Ida Sawyer, directrice de la division Crise, conflits et armes à Human Rights Watch, la police déployée par les autorités n’est pas intervenue pour empêcher les violences contre des opposants retranchés au siège de l’ECiDé.
« Plusieurs personnes ont été blessées, dont les dirigeants de l’opposition Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga lorsque des manifestants se sont retrouvés confrontés aux forces de sécurité et à des partisans du gouvernement, connus sous le nom de Forces du Progrès. Fayulu et d’autres membres de l’opposition se sont retrouvés bloqués au siège du parti ECiDé alors qu’ils étaient blessés, tandis que les Forces du Progrès attaquaient le bâtiment. Il semble que la police présente sur place ne soit pas intervenue pour empêcher les violences », a-t-elle déclaré.
Pour l’organisation internationale, ces faits constituent les violences les plus graves contre l’opposition politique depuis le début des discussions actuelles sur la révision constitutionnelle.
Human Rights Watch a appelé le gouvernement congolais à ouvrir une enquête impartiale, approfondie et transparente afin d’établir les responsabilités.
« Les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique doivent être respectés. Il est essentiel que l’avenir de la RD Congo soit débattu et discuté librement, sans recourir à la répression violente ni à des abus », a insisté Ida Sawyer.
D’après le gouvernement provincial de Kinshasa, le bilan de ces violences fait état de vingt (20) blessés légers dont 15 policiers et 5 manifestants, ainsi que de près de cinq (5) épaves de véhicules incendiés.
Les autorités ont rejeté les allégations des organisateurs du sit-in, qui faisaient état d’une dizaine de morts, 176 blessés et 15 disparus. Elles accusent ces derniers d’avoir recruté et manipulé des « individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances prohibées », de les avoir armés de « couteaux ou armes blanches » et de les avoir placés en première ligne afin de provoquer les forces de l’ordre, de franchir les périmètres de sécurité établis et de se livrer à des actes de provocation.
Mont Carmel NDEO




























































