Le débat autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution continue de susciter de vives tensions en République démocratique du Congo. À Kinshasa, plusieurs responsables religieux se retrouvent au centre d’une polémique qui illustre les fractures grandissantes au sein des églises sur les questions politiques et institutionnelles.
Depuis plusieurs semaines, des prises de position publiques de certains pasteurs favorables à une modification constitutionnelle alimentent les discussions dans l’opinion publique. Ces déclarations ont provoqué des réactions contrastées parmi les fidèles et les leaders religieux, certains appelant à la prudence tandis que d’autres dénoncent une implication excessive des églises dans le débat politique.
La controverse a pris une nouvelle ampleur après une récente sortie médiatique du pasteur Moïse Mbiye. Sans détour, ce dernier a critiqué plusieurs « serviteurs de Dieu » favorables au changement de la Constitution, notamment Pascal Mukuna, Léopold Mutombo et Ejiba Yamapia. Ses propos ont rapidement suscité des réactions au sein de la communauté évangélique.
Parmi celles-ci figure celle de l’évangéliste Epaphras Ikombi, ancien collaborateur de Moïse Mbiye. Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, il a publié une déclaration perçue par plusieurs observateurs comme une réponse indirecte aux propos du responsable de l’église Cité Bethel.
« L’onction ne rend pas impoli », a écrit Epaphras Ikombi, avant d’insister sur l’importance du respect envers les anciens dans le ministère pastoral. Il a également rappelé que les sacrifices consentis par les générations précédentes de prédicateurs méritent reconnaissance et considération.
Sans citer explicitement Moïse Mbiye, l’évangéliste a estimé que la jeune génération de pasteurs devrait davantage se concentrer sur l’œuvre spirituelle avant de se positionner comme donneuse de leçons. Il a, par ailleurs, évoqué les parcours de plusieurs figures religieuses congolaises afin de souligner l’expérience acquise par certains responsables ecclésiastiques au fil des années.
Cette passe d’armes verbale met en lumière les divergences profondes qui traversent actuellement le paysage religieux congolais. Alors que certains leaders défendent ouvertement une révision constitutionnelle, d’autres considèrent que les responsables religieux devraient éviter toute implication directe dans un débat aussi sensible sur le plan politique.
Dans un contexte sociopolitique déjà marqué par de nombreuses tensions, plusieurs observateurs estiment que les prises de position des églises pourraient influencer une partie importante de l’opinion publique, notamment à Kinshasa où les communautés religieuses jouent un rôle social majeur.
Pour l’heure, aucune position commune ne semble se dégager au sein des différentes confessions religieuses du pays. Le débat autour de la Constitution continue ainsi de cristalliser les divisions, aussi bien dans la sphère politique que religieuse.
HERVÉ KABWATILA




























































