En République démocratique du Congo, la question du changement de la Constitution continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique, de la société civile et des milieux religieux. À deux ans de la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi, les prises de position autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle provoquent des réactions de plus en plus vives.
Cette fois-ci, c’est l’archevêque Ejiba Yamapia, représentant de l’Église de réveil du Congo (ERC), qui est revenu sur cette question sensible, après les déclarations du pasteur Moïse Mbiye.
Lors d’une récente intervention, le responsable de l’église Cité Béthel Assemblée centrale avait dénoncé certains hommes de Dieu favorables au changement de la Constitution, les comparant à un « camp de lépreux ». Selon lui, cette réforme viserait à permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, date marquant la fin de son mandat actuel.
Des propos qui n’ont pas laissé indifférent l’archevêque Ejiba Yamapia. Réagissant à cette sortie médiatique, le représentant de l’ERC a exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une attaque personnelle et une parole blessante envers ses confrères religieux.
« Je l’ai trouvé comme une insulte. Que Dieu lui pardonne », a déclaré l’archevêque Ejiba Yamapia en réaction aux propos du pasteur Moïse Mbiye.
Sur le fond du débat, l’archevêque Ejiba Yamapia affirme soutenir l’idée d’un changement de la Constitution. Il soutient être convaincu que cette démarche relève d’une inspiration divine.
« C’est un “ainsi dit l’Éternel” », a-t-il affirmé, mettant au défi ses confrères pasteurs de prier à ce sujet et de lui démontrer le contraire.
Selon lui, une éventuelle modification de la Constitution entraînerait également une remise à zéro du décompte des mandats présidentiels.
« On ne parlerait plus du troisième mandat, mais du premier mandat de ce régime-là », a-t-il expliqué.
Ces déclarations continuent de susciter de nombreuses réactions dans l’opinion publique congolaise, alors que plusieurs organisations de la société civile et acteurs politiques restent opposés à toute initiative visant à modifier la Constitution, craignant une dérive institutionnelle.
Interrogé sur la mission spirituelle de l’Église dans ce débat, notamment sur la priorité entre l’évangélisation et la mobilisation politique, l’archevêque Ejiba Yamapia a répondu :
« Dieu le demandera : as-tu fait ma volonté ? »
Dans un contexte politique déjà marqué par des tensions autour de la gouvernance et des échéances électorales futures, le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle demeure l’un des sujets les plus sensibles en RDC. Les prises de position des leaders religieux, influents dans la société congolaise, contribuent davantage à polariser les opinions sur cette question.
HERVÉ KABWATILA





























































