À l’occasion du 26ᵉ anniversaire des affrontements de Kisangani, le Prix Nobel de la paix 2018, , a appelé à la traduction en justice des responsables des violences qui avaient opposé les armées rwandaise et ougandaise dans cette ville du nord-est de la République démocratique du Congo.
Dans un message publié samedi 6 juin sur les réseaux sociaux, le médecin congolais a dénoncé l’impunité persistante entourant ces événements tragiques et plaidé pour que les auteurs ainsi que leurs chaînes de commandement répondent de leurs actes devant la justice.
« Il y a urgence à traduire en justice les auteurs de ces crimes et leurs chaînes de commandement pour briser le cycle infernal de la violence, de la prédation et de l’impunité qui se poursuit jusqu’à ce jour », a déclaré Denis Mukwege.
Les combats de Kisangani, communément appelés la « guerre des Six Jours », s’étaient déroulés du 5 au 10 juin 2000. Ils avaient opposé les forces armées du Rwanda et de l’Ouganda sur le territoire congolais, causant la mort d’environ un millier de personnes et faisant de nombreux blessés parmi la population civile. Ces affrontements avaient également entraîné d’importantes destructions matérielles dans la ville.
Selon le rapport Mapping des Nations unies, ces faits sont documentés comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Malgré les nombreuses demandes des organisations de défense des droits humains et des victimes, aucun procès majeur n’a encore permis d’établir les responsabilités individuelles dans cette tragédie.
Dans son message, Denis Mukwege a également dénoncé la disparition présumée des 325 millions de dollars accordés à la République démocratique du Congo par la Cour internationale de justice à titre de réparations pour les dommages causés par l’Ouganda lors du conflit armé sur le territoire congolais.
« Ces détournements massifs de fonds sont une insulte inacceptable à l’encontre des victimes et doivent être investigués de manière indépendante », a-t-il affirmé.
Pour rappel, la Cour internationale de justice avait rendu en 2005 un arrêt condamnant l’Ouganda à réparer les préjudices causés en RDC. Après plusieurs années de procédure, la juridiction avait fixé en 2022 le montant des réparations à 325 millions de dollars.
Vingt-six ans après les affrontements de Kisangani, Denis Mukwege estime que les victimes et les survivants continuent d’attendre que justice leur soit rendue. Il a réaffirmé leur droit à la vérité, à des réparations effectives et à des garanties de non-répétition des atrocités.
« Les victimes et survivants ont droit à la justice, à la vérité, à des réparations et à des garanties de non-répétition des atrocités », a conclu le Prix Nobel de la paix.
HERVÉ KABWATILA





























































