La Conférence Épiscopale nationale du Congo (CENCO) a officiellement tranché sur la question de la révision ou du changement de la Constitution, un débat qui divise l’opposition comme le camp de l’« Union sacrée de la nation », plateforme politique au pouvoir.
Face à la presse, cette structure qui regroupe les évêques de l’Église catholique en République démocratique du Congo a exprimé son opposition au changement de la loi fondamentale, soutenu par la famille politique du président en exercice, Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration faite ce samedi 20 juin, au centre international interdiocésain de Kinshasa, le secrétaire général et porte-parole de la CENCO, Mgr Donatien Nshole a affirmé que tout changement de la Constitution constituerait une rupture du pacte républicain.
« Certains tenants du changement de la Constitution du 18 février 2006 ne cachent plus leur principale motivation, qui est d’offrir un autre cycle de mandat à l’actuel Président de la République. Ce serait une rupture du pacte républicain, compromis politique historique, chèrement acquis après toutes les crises connues dans le pays depuis l’indépendance », a-t-il déclaré dès l’abord.
Pour étayer son argumentaire, le prélat catholique a dénoncé les conditions d’adoption de la loi fixant les modalités d’organisation du référendum par l’Assemblée nationale et le Sénat, deux Chambres du Parlement.
« Une des conséquences de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, votée sous prétexte de combler un vide juridique, serait de rendre possible un référendum permettant, en violation de l’ordre constitutionnel, de toucher aux matières intangibles déjà verrouillées par l’article 220. Or, cet article constitue un véritable rempart contre la dictature et la privatisation de l’État », a poursuivi Mgr Nshole.
L’Église catholique a également mis en garde contre les dangers d’un éventuel changement constitutionnel. Selon elle, tout passage en force dans cette direction comporte des risques majeurs, notamment la balkanisation du pays.
« Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement de notre guerre civile est à redouter. De tout ce qui précède, après un profond discernement, nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution », a précisé le secrétaire général de la CENCO.
Pour l’Église catholique, la priorité en République démocratique du Congo demeure la paix, le bien-être social du peuple congolais ainsi que l’unité et la cohésion nationale.
Cette prise de position officielle intervient à l’issue des échanges avec les opposants qui contestent le changement de la Constitution, ainsi qu’avec le camp favorable à cette réforme.
Mont Carmel NDEO





























































