L’initiateur de la Coalition de l’Article 5 (C5), Me Caleb Banza, estime que les grandes décisions concernant l’avenir de la République démocratique du Congo ne devraient pas être prises uniquement par les états-majors politiques ou les responsables religieux. Il appelle à une plus grande implication du peuple dans les processus de médiation et de réforme institutionnelle.

Au cours d’un point de presse tenu le dimanche 12 juillet à Lubumbashi, Me Caleb Banza a présenté le contenu d’une correspondance adressée au président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye. Dans cette lettre, la Coalition de l’Article 5 (C5) invite l’Union africaine à élargir les consultations sur la crise politique en République démocratique du Congo afin d’y associer la « majorité silencieuse » du peuple congolais.
Selon lui, les initiatives de médiation ne devraient pas se limiter aux leaders politiques, aux responsables religieux et à certaines organisations de la société civile, mais intégrer davantage les aspirations des citoyens.
« Nous lançons une alerte parce que nous avons l’impression que l’on est en train de répéter les erreurs du passé. Les consultations se limitent toujours aux mêmes acteurs, alors qu’il existe une majorité silencieuse qui mérite aussi d’être entendue », a déclaré Me Caleb Banza.
S’appuyant sur l’article 5 de la Constitution, dont la coalition tire son nom, Me Caleb Banza affirme que la C5 ne défend ni le pouvoir en place ni l’opposition, mais le principe de la souveraineté populaire. A l’en croire, aucun acteur politique ou religieux ne peut prétendre parler durablement au nom de l’ensemble des Congolais.
« Nous ne défendons ni un homme ni un camp politique. Nous défendons le droit reconnu au peuple par l’article 5 de la Constitution. Aucun individu ou aucune portion du peuple ne peut en détenir l’exercice », a-t-il soutenu.
Pour l’initiateur de la C5, les décisions majeures engageant l’avenir du pays doivent être prises avec l’adhésion de l’ensemble des citoyens et non dans des cercles restreints.
« La destinée de notre pays ne devrait pas se décider dans les salons politiques de Kinshasa ou de Lubumbashi. Elle doit être l’expression de la volonté de tout un peuple », a-t-il insisté.
La Coalition de l’Article 5 se dit favorable à un référendum, mais uniquement s’il est précédé d’un débat national permettant aux Congolais de comprendre les enjeux des réformes envisagées. La plateforme plaide pour un débat constitutionnel centré sur les préoccupations réelles des citoyens, notamment l’emploi, la sécurité et le développement, plutôt que sur les intérêts des acteurs politiques.
« Nous voulons un référendum libre, apaisé et éclairé. Il faut dire la vérité au peuple, sans manipulation, sans tribalisme et sans personnalisation du débat. Les hommes passent, mais les institutions demeurent », a expliqué Me Caleb Banza.
Regroupant des mouvements de jeunes issus de la société civile et de différents partis politiques, la Coalition C5 estime que la jeunesse, qui représente plus de 70 % de la population congolaise, doit être pleinement associée aux réflexions sur l’avenir du pays.
« Même si des acteurs politiques mobilisaient un million de personnes dans un pays de plus de 120 millions d’habitants, cela ne suffirait pas à remplacer la volonté de tout un peuple », a-t-il affirmé.
Répondant aux questions des journalistes, l’initiateur de la C5 a précisé que la lettre adressée au président burundais ne constitue pas une demande d’audience, mais une alerte destinée à rappeler aux médiateurs africains que « chaque citoyen compte » dans la recherche d’une solution durable à la crise politique congolaise.
Il convient de rappeler que la Coalition de l’Article 5 (C5) a été lancée en juin dernier à Lubumbashi. Elle regroupe des mouvements de jeunes issus de la société civile et de différents partis politiques et se fixe pour objectif de promouvoir la souveraineté populaire consacrée par l’article 5 de la Constitution.
La rédaction




























































