Une semaine après le coup de filet spectaculaire qui a conduit à l’arrestation de Bénie Mukena Mwepu à Brazzaville, le silence des autorités et l’enlisement de la procédure d’extradition commencent à faire désordre. Annoncé en grande pompe par le ministère de la Justice, le transfèrement du suspect clé dans l’assassinat de l’entrepreneur Vally Amisi est aujourd’hui au point mort. Derrière la version officielle, l’ombre de pressions politiques et de révélations explosives paralyse le dossier.
Le dimanche 2 août dernier, la coopération judiciaire entre les deux Congo marquait un point décisif. Après quatre mois de cavale, Bénie Mukena, repéré sur les vidéosurveillances de l’hôtel de la Gombe le soir du crime, tombait dans les filets des forces de sécurité à Brazzaville. À Kinshasa, le cabinet du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, promettait un transfèrement rapide et l’organisation d’un grand procès public pour l’exemple.
Pourtant, une semaine plus tard, le suspect dort toujours dans les cellules brazzavilloises. Que se passe-t-il réellement sur les rives du fleuve Congo ?
L’ombre de commanditaires « haut placés »
L’explication de ce blocage se trouve peut-être dans une vidéo d’interrogatoire fuitée sur les réseaux sociaux peu après son interpellation. Face caméra, Mukena Mwepu y passe aux aveux. Mais il lâche surtout une phrase qui fait l’effet d’une bombe : il affirme avoir agi « sur instruction » et évoque l’implication de « personnalités haut placées » à Kinshasa.
Selon plusieurs sources proches du dossier, l’extradition prévue initialement en début de semaine aurait été annulée à la dernière minute à la suite de l’intervention directe d’une haute autorité kinoise. Officiellement, le suspect invoquerait des craintes pour sa sécurité physique s’il venait à être incarcéré en République démocratique du Congo.
Panique au sommet et peur du déballage
Dans l’opinion publique et au sein de la famille de la victime, la colère monte. Le silence radio des canaux officiels ne fait que renforcer la thèse d’un étouffement de l’affaire.
Y a-t-il des complicités au sein de l’appareil d’État ? Craint-on un déballage public lors des audiences à Kinshasa ? Le silence du prévenu est-il en train de se négocier à l’abri des regards ?
Ce qui devait être une victoire éclatante contre l’impunité pour la justice congolaise est en train de se transformer en un vaudeville politico-judiciaire opaque.
L’exigence de vérité
La mort de Vally Amisi, figure respectée du monde des affaires et vice-président du club Nouvelle Vie Bomoko FC, a profondément traumatisé la diaspora et les milieux économiques. Si les « raisons administratives ou de sécurité » continuent d’être avancées pour retarder le transfèrement, le gouvernement congolais risque de perdre toute crédibilité dans sa promesse d’un procès équitable et transparent.
Bénie Mukena doit être extradé. Les Congolais veulent des réponses, et ils veulent savoir qui a commandité l’exécution de Vally Amisi. Le fleuve Congo ne peut pas servir de barrière à la vérité.
*JAMES KABWE *



























































