Une avancée scientifique majeure a été annoncée dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a révélé l’entrée en phase 1 d’essais cliniques de deux vaccins spécifiquement développés contre la souche Ebola-Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie en cours dans le pays.
Selon le responsable de l’OMS, il s’agit de la première fois que des vaccins ciblant directement cette souche du virus sont évalués chez l’être humain dans le cadre d’essais de sécurité. Cette étape marque un tournant dans les efforts de recherche destinés à contenir une maladie qui continue de faire des victimes dans plusieurs provinces congolaises.
Ghebreyesus a indiqué que deux nouvelles études réalisées sur des modèles animaux avec un vaccin développé contre la souche Ebola-Zaïre, la plus répandue historiquement, ont montré des signes encourageants de protection croisée contre la souche Bundibugyo. Sur la base de ces résultats préliminaires, l’OMS a recommandé l’intégration de ce vaccin dans un essai clinique de phase 3 qu’elle espère lancer dans les meilleurs délais. Toutefois, l’organisation a précisé qu’aucune preuve scientifique d’efficacité de ce vaccin contre la souche Bundibugyo chez l’être humain n’a encore été établie.
Dans le même temps, l’essai clinique PARTNERS, soutenu par l’OMS pour évaluer différents traitements contre Ebola, a franchi le seuil symbolique de 100 patients recrutés.Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, ces progrès témoignent de l’importance de la collaboration entre l’OMS, le gouvernement congolais et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Malgré ces avancées scientifiques, le directeur général de l’OMS a averti que la riposte reste confrontée à un important déficit de financement. Selon lui, le principal défi consiste désormais à déployer les interventions sanitaires à l’échelle et à la vitesse nécessaires pour devancer la propagation du virus.
Sur les 518 millions de dollars requis pour financer le Plan continental de préparation et de réponse à Ebola, seulement 264 millions ont été mobilisés jusqu’à présent, soit un peu plus de la moitié des besoins estimés.
Face à cette situation, Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé les partenaires internationaux à fournir un financement rapide, durable et à fort impact. Il a également insisté sur la nécessité de garantir un accès sécurisé aux zones touchées afin de permettre aux équipes sanitaires d’intervenir efficacement. Le responsable de l’OMS a, par ailleurs, salué l’engagement des professionnels de santé déployés sur le terrain, qui continuent d’assurer la prise en charge des malades malgré les risques auxquels ils sont exposés.
L’OMS s’est également dite préoccupée par la forte proportion de décès enregistrés en dehors des structures de soins. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, de nombreux patients succombent encore à la maladie au sein des communautés, sans avoir été identifiés ni suivis par les systèmes de surveillance sanitaire.
Cette situation constitue, selon lui, un indicateur de l’existence de chaînes de transmission encore inconnues. Les autorités sanitaires estiment que ces foyers cachés de contamination représentent l’un des principaux obstacles à l’endiguement de l’épidémie.
« L’essentiel de la transmission se produit lorsque des personnes atteintes à un stade avancé de la maladie ne sont pas prises en charge ou lors de la manipulation des corps après le décès », a expliqué le directeur général de l’OMS.
Alors que la RDC poursuit sa lutte contre l’épidémie d’Ebola-Bundibyo, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux misent désormais sur l’accélération de la recherche vaccinale, le renforcement du financement de la riposte et l’amélioration de la détection des cas pour freiner durablement la propagation du virus.
Plus au moins 4 566 cas confirmés et 2 128 décès au 11 août 2026 (rapport INSP)
Selon le rapport de situation de l’Institut national de santé publique publié le 12 août, la RDC comptabilise 4 566 cas confirmés d’Ebola sur les cinq provinces touchées (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo), dont 570 patients actuellement en isolement ou hospitalisés et 918 guéris. Le nombre de décès s’élève à 2 128, portant le taux de létalité à 46,6 %. Le taux de suivi des contacts atteint 82,4 % au niveau global.
Sur les 53 zones de santé touchées, l’Ituri en concentre 28 sur 36, dont Bunia, Mambasa et Mongbwalu, suivie du Nord-Kivu (12 zones sur 34) et de la Tshopo (6 zones sur 23). Le Sud-Kivu ne compte plus qu’une seule zone affectée, Miti-Murhesa, qui totalise 76 jours sans nouveau cas confirmé.
L’INSP souligne la poursuite de la mobilisation des centres de traitement, des ambulances et des équipes médicales, tout en appelant les communautés à signaler rapidement les alertes et à respecter les enterrements dignes et sécurisés.
HERVÉ KABWATILA



























































