L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) a atteint une sixième province avec l’apparition d’un cas dans le Bas-Uele, a annoncé jeudi 13 août 2026 le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya. Cette nouvelle extension géographique intervient dans un contexte de forte progression de la maladie, dont le bilan dépasse désormais les 4.000 cas et plus de 2.100 décès.
Lors d’un briefing consacré à l’évolution de l’épidémie, Jean Kaseya a indiqué qu’une personne ayant quitté Isiro, dans la province du Haut-Uele, s’était rendue dans le Bas-Uele avant de décéder à Buta, chef-lieu de cette province.
« Nous avons une sixième province, qui est le Bas-Uele », a déclaré le responsable de l’agence sanitaire de l’Union africaine.
Selon les données présentées par Africa CDC, l’épidémie, qui était initialement concentrée dans une seule province, touche désormais six provinces et 54 zones de santé à travers le pays. Cette progression confirme la persistance de la transmission communautaire et les difficultés rencontrées pour contenir la maladie.
Le directeur général d’Africa CDC a fait état d’une hausse significative du nombre de cas enregistrés. En l’espace de deux jours seulement, près de 500 nouveaux cas auraient été recensés, portant le total au-delà de 4.000 infections confirmées, tandis que le nombre de décès dépasse les 2.100.
Toutefois, Jean Kaseya a appelé à la prudence dans l’interprétation de ces statistiques. Selon lui, plusieurs études suggèrent que l’épidémie aurait débuté dès le mois de février, soit près de quatre mois avant sa déclaration officielle.
« Nous n’avons aucune idée de ce qui s’est passé de février à mai », a-t-il affirmé, soulignant que les données actuellement disponibles ne couvrent que la période ayant pu être documentée depuis le mois de mai.
Le responsable d’Africa CDC estime ainsi que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être supérieure aux chiffres actuellement recensés, notamment en raison de la circulation du virus au sein des communautés avant son identification officielle.
Africa CDC a rappelé avoir déclaré l’épidémie le 15 mai dernier après avoir observé une situation jugée suffisamment préoccupante pour nécessiter une mobilisation continentale.
Douze semaines après cette déclaration, les données présentées montrent une progression nettement plus rapide que celle observée lors de la grande épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest.
Selon Jean Kaseya, le nombre de cas enregistrés est sept fois supérieur à celui constaté au même stade de cette précédente crise sanitaire, tandis que le nombre de décès confirmés est cinq fois plus élevé.
Face à cette dynamique, le directeur général d’Africa CDC a lancé un avertissement sur les risques d’une aggravation prolongée de la situation.
« Si nous n’arrêtons pas cette épidémie, elle pourrait durer plus d’un an. Elle sera la plus importante au monde », a-t-il prévenu.
Les autorités sanitaires congolaises, appuyées par leurs partenaires internationaux, poursuivent les efforts de surveillance, de prise en charge des malades et de sensibilisation des populations afin de freiner la propagation de la maladie dans les provinces affectées.
HERVÉ KABWATILA




























































