À peine assainies, certaines artères de Kinshasa renouent déjà avec les déchets. Sur plusieurs axes de la capitale, sachets, bouteilles en plastique et autres détritus réapparaissent quelques jours après les opérations de nettoyage menées par les agents du Service national. Une situation qui relance le débat sur la responsabilité des habitants dans la lutte contre l’insalubrité.
Le constat a été fait dimanche 13 septembre 2026 par des reporters du média en ligne Foxtime.CD sur le tronçon compris entre le rond-point Mandela et la Haute École de Commerce (HEC), sur l’avenue de la Libération, anciennement avenue du 24-Novembre, dans la commune de la Gombe.
Sur cette partie de la capitale, les immondices ont progressivement réinvesti les abords de la chaussée, alors que les travaux d’assainissement venaient à peine d’être achevés. Des sachets, bouteilles en plastique, emballages et autres déchets sont visibles à plusieurs endroits, donnant à nouveau à certains espaces l’allure de dépotoirs à ciel ouvert.
La situation est également observée sur le boulevard Lumumba, notamment à la hauteur de Debonhomme, de l’Entrée Abattoir et du Quartier 1. Dans ces secteurs, certains petits commerçants ont repris leurs activités, principalement en soirée. Ils avaient pourtant été délogés dans le cadre des opérations d’assainissement, certains espaces commerciaux étant considérés par les autorités comme contribuant à l’accumulation des déchets et à l’occupation désordonnée des emprises publiques.La reprise de ces activités pose ainsi la question de la pérennité des opérations de nettoyage lorsque les pratiques à l’origine de l’insalubrité persistent.
Sur le tronçon Mandela-HEC, la réapparition rapide des déchets suscite des interrogations parmi les usagers.Pour plusieurs d’entre eux, les opérations de nettoyage ne peuvent produire des résultats durables sans un changement de comportement de la population. Ils plaident notamment pour une prise de conscience collective et un meilleur respect des consignes relatives à la gestion des déchets.
La propreté de Kinshasa, soulignent-ils, ne relève pas uniquement des autorités et des services chargés de l’assainissement. Elle dépend également du comportement quotidien des habitants, notamment de leur capacité à éviter de jeter les déchets sur la voie publique.
Au-delà de la question esthétique, l’accumulation des déchets constitue un enjeu de santé publique. Une mauvaise gestion des ordures peut favoriser la prolifération de nuisibles et contribuer à la propagation de certaines maladies liées à l’insalubrité.
La lutte contre ce phénomène nécessite donc, au-delà des opérations ponctuelles de nettoyage, des efforts continus en matière de collecte des déchets, de contrôle des espaces publics et de sensibilisation de la population.
À Kinshasa, la réapparition des immondices sur des artères récemment nettoyées illustre ainsi la difficulté de maintenir durablement les résultats des opérations d’assainissement. La pérennité de ces efforts dépendra autant de la régularité des interventions que de l’implication des citoyens dans la préservation de leur environnement.
HERVE KABWATILAA



























































