La situation sociale se tend dans la commune de Gombe, où plus de 40 familles d’anciens agents de l’Office Congolais des Postes et Télécommunications, aujourd’hui transformé en Société Congolaise des Postes et Télécommunications, passent désormais leurs nuits à la belle étoile après un déguerpissement qu’elles qualifient d’illégal.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces familles occupaient des logements de fonction depuis plusieurs années. Leur expulsion serait intervenue sans préavis formel ni décision judiciaire clairement communiquée, affirment-elles. « Nous avons été surpris par l’opération. Nos biens ont été sortis sans ménagement », déclare un ancien agent, visiblement éprouvé.
Au cœur de la contestation figure une revendication salariale importante. Les ex-agents affirment cumuler jusqu’à 63 mois d’arriérés de salaires impayés. Une situation qui, selon eux, aggrave leur vulnérabilité et rend leur relogement quasi impossible. « Comment quitter sans indemnités ni salaires ? Nous sommes abandonnés », dénonce une mère de famille.
Les personnes concernées disent avoir saisi à plusieurs reprises les autorités compétentes ainsi que la direction de la SCPT, sans obtenir de réponse satisfaisante. Elles réclament aujourd’hui l’ouverture d’un dialogue urgent, le paiement des arriérés et une solution de relogement digne.
Du côté des autorités ou de la SCPT, aucune réaction officielle n’avait été enregistrée au moment de la publication de cet article. Des sources proches du dossier évoquent toutefois une opération de récupération du patrimoine immobilier de l’entreprise, sans fournir davantage de détails sur la procédure suivie.
Des organisations de la société civile appellent à une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de vérifier la légalité de l’opération. Elles soulignent que toute expulsion doit respecter les normes nationales et internationales en matière de droits humains, notamment en garantissant un préavis suffisant et des solutions alternatives pour les personnes affectées.
En attendant une issue, les familles continuent de vivre dans des conditions précaires, exposées aux intempéries et à l’insécurité, en plein cœur de la capitale congolaise. Une situation qui interpelle sur la gestion des conflits sociaux au sein des entreprises publiques et la protection des droits des travailleurs.
HERVÉ KABWATILA






























































