L’opposition congolaise ne voit pas d’un même œil l’annonce du commandant du Service national, le lieutenant général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, concernant le déploiement à Kinshasa de plus de 4 000 anciens bandits urbains communément appelés Kuluna, devenus bâtisseurs après deux ans de recyclage au centre d’instruction de Kaniama Kasese.
Dans le cadre de ses nouvelles fonctions de commandant de la task force récemment créée par le président Félix Tshisekedi pour assainir la ville de Kinshasa et lutter contre l’incivisme environnemental, le général Kabwik a indiqué que ces anciens Kulunas seront bientôt déployés dans la capitale.
Il a précisé que ces derniers, désormais agents à part entière de l’État avec un salaire annoncé à 500 000 francs congolais, ainsi que des primes prévues, auront pour mission de réimposer la discipline dans les rues de Kinshasa.
Toutefois, cette démarche ne fait pas l’unanimité et est vivement critiquée par l’opposition.
Dans une déclaration, le directeur de cabinet de l’opposant Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour la République, Olivier Kamitatu a dénoncé un malice du pouvoir visant à renforcer « la Force du Progrès », une structure de l’UDPS, parti au pouvoir, souvent accusée de dérives.
« Le retour de 4 000 ex‑Kulunas à Kinshasa n’a rien d’un assainissement. C’est le renfort attendu des Forces du Progrès, la milice du pouvoir, pour intimider l’opposition et verrouiller la capitale », a laconiquement déclaré Olivier Kamitatu.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique tendu dans la capitale, marqué par des manifestations de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) contre des réformes constitutionnelles.
Le 12 juin, lors d’un sit‑in violemment réprimé par les forces de l’ordre, l’opposition a dénoncé l’implication présumée d’éléments de la Force du Progrès dans des actes de violence contre des manifestants et des sièges de partis politiques.
D’après le bilan présenté par l’opposition, deux personnes auraient été tuées, plusieurs centaines de manifestants blessés et des abus sexuels rapportés.
Par ailleurs, l’annonce du général Kabwik intervient alors qu’une marche de l’opposition est prévue le 8 juillet prochain à Kinshasa, avec comme point de chute le Palais de la Nation, bureau officiel du président de la République.
Mont Carmel NDEO





























































