Le débat autour du projet de changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue de susciter de vives tensions entre les acteurs politiques et religieux. En réaction aux récentes prises de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) contre cette initiative, le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS, Augustin Kabuya, a vivement critiqué plusieurs responsables de l’Église catholique, notamment le cardinal Fridolin Ambongo et l’abbé Donatien Nshole.
S’exprimant lors d’une rencontre politique à Kinshasa, le dirigeant du parti présidentiel a contesté la légitimité de ces responsables religieux à intervenir dans le débat constitutionnel.
« Fridolin Ambongo et Donatien Nshole n’ont aucun mandat. Nshole n’est même pas marié. Ils ont de la chance, parce qu’ils ont à la tête de ce pays un président bien éduqué », a déclaré Augustin Kabuya, en réponse à l’opposition affichée par la CENCO au projet de changement de la Constitution.
Ces déclarations interviennent alors que la CENCO multiplie les mises en garde contre toute réforme constitutionnelle qu’elle considère comme susceptible d’accentuer les tensions politiques et de fragiliser davantage le climat social dans le pays. Plusieurs évêques catholiques ont récemment appelé les autorités à privilégier les priorités sécuritaires et socio-économiques plutôt qu’un débat institutionnel jugé inopportun dans le contexte actuel.
Par ailleurs, Augustin Kabuya a accusé la coalition de l’opposition C64 de préparer des actes de violence à l’occasion de la marche nationale annoncée pour le 8 juillet prochain à Kinshasa. Selon lui, certains organisateurs auraient l’intention de provoquer des troubles dans la commune de la Gombe, notamment en s’en prenant à des représentations diplomatiques.
« Ils veulent organiser un soulèvement populaire et incendier des ambassades », a affirmé le responsable de l’UDPS, sans toutefois présenter publiquement d’éléments de preuve à l’appui de ces accusations.
Ces déclarations risquent d’alimenter davantage les tensions entre le pouvoir, l’opposition et l’Église catholique, alors que le débat sur la réforme constitutionnelle demeure l’un des principaux sujets de controverse sur la scène politique congolaise. L’UDPS continue de défendre l’idée d’une nouvelle Constitution inspirée notamment des travaux de la Conférence nationale souveraine de 1992, tandis que ses détracteurs dénoncent une initiative susceptible de remettre en cause l’équilibre institutionnel actuel.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs appellent à l’apaisement et au dialogue afin d’éviter que les divergences autour de la question constitutionnelle ne débouchent sur une nouvelle crise politique dans le pays.
HERVÉ KABWATILA




























































