Bogota n’a pas tardé de réagir à la déportation des 15 migrants latinos par les Etats-Unis vers la RDC « C’est de l’ostracisme… Le ministre des Affaires étrangères a reçu l’ordre de rapatrier immédiatement et sans entraves les Colombiens du Congo », a déclaré le président colombien Gustavo Petro dans un message diffusé sur la chaîne X et relayé dans plusieurs journaux dont El pais.
D’après les mêmes médias, les personnes expulsées des Etats-Unis , citoyens péruviens , Colombiens et équatoriens affirment vouloir rentrer dans leurs pays respectifs même si retourner dans le pays qu’ils ont fui sous la menace n’était pas prévu.
Ces migrants estiment que le retour dans leurs familles serait la meilleure solution compte tenu des circonstances. « Ils peuvent nous aider là-bas. Ce qui m’est arrivé remonte à huit ans, alors j’espère me sentir plus en sécurité en Colombie et pouvoir recommencer à zéro. Aux États-Unis, personne ne se soucie de ce qui nous arrive. Pas un seul responsable ne s’est manifesté pour nous défendre. »
Les témoignages récoltés par les journalistes auprès des personnes déportées font froid dans le dos en commençant par les révélations des agents de l’ICE (Agence américaine chargée de l’immigration). Après plus de trois mois de détention par les services d’immigration américains, en vertu d’un ordre d’expulsion, les agents ont annoncé à certains migrants dont Jorge CUBILLOS leur destination : la République démocratique du Congo (RDC), pays d’Afrique centrale ayant conclu un accord avec l’administration Trump pour accueillir temporairement les migrants expulsés de pays tiers par Washington.
« Ces mois de confinement vous forgent le caractère, mais à ce moment-là, je me suis effondré. J’ai pensé à mes enfants et j’ai commencé à prier. Nous allions, enchaînés, vers un pays inconnu, à l’autre bout du monde. Je n’aurais jamais imaginé découvrir l’Afrique dans ces conditions », raconte Cubillos par téléphone depuis Kinshasa, la capitale congolaise, qui, depuis vendredi, est devenue son foyer.
Le journal EL PAIS raconte que « Jorge Cubillos fait partie des 15 Latino-Américains expulsés vers la RDC, au sein du premier groupe de migrants renvoyés par Trump dans ce pays de plus de 115 millions d’habitants. Kinshasa a annoncé le 5 avril qu’elle commencerait à accueillir des groupes de personnes expulsées ce mois-ci et les hébergerait temporairement, dans le cadre d’une campagne entièrement financée par Washington. Il s’agit du dernier pays africain en date à conclure des accords similaires avec la Maison Blanche, après le Ghana, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Soudan du Sud et l’Eswatini. Le Congrès américain estimait il y a quelques mois que l’administration avait dépensé jusqu’à 40 millions de dollars pour ces accords, soit une moyenne de plus de 130 000 dollars par personne expulsée. »
Il sied de noter que d’après le même jour , Ces accords coûteux avec des pays tiers constituaient la solution immédiate de l’administration Trump pour expulser les migrants qui, pour leur protection, ne peuvent retourner dans leur pays d’origine. C’était le cas de Cubillos, originaire de Bogota. Ce chauffeur routier a travaillé pendant de nombreuses années à la frontière sud de la Colombie et a reçu des menaces de groupes armés opérant dans la région. Arrivé aux États-Unis en 2018, il a tenté de demander l’asile. Les délais légaux étant expirés, le juge lui a accordé un sursis à expulsion. Cette garantie l’empêchait seulement de retourner en Colombie, mais pas dans un autre pays disposé à l’accueillir.
La rédaction































































