L’administration de la ville-province de Kinshasa est à l’arrêt depuis mercredi 22 avril 2026, à la suite d’un mot d’ordre de grève « sèche et illimitée » lancé par l’intersyndicale de l’administration publique urbaine. À l’origine de ce mouvement : le non-paiement prolongé des salaires et le non-respect des engagements pris par les autorités provinciales.
Dès les premières heures de la journée de mercredi, toutes les portes des bureaux administratifs sont restées closes. Aucun service n’a fonctionné.
Les agents, issus de différentes divisions et régies financières, dénoncent une situation devenue intenable après l’accumulation de 13 mois d’arriérés de salaires. Et ils poursuivent leur speech en disant que, cette grève va être effective dès ce lundi 27 avril. Ce chiffre inclut les huit mois impayés de l’année 2025 ainsi que les trois premiers mois de 2026. Le personnel politique, quant à lui, affirme être encore plus durement touché, avec jusqu’à 15 mois de rémunérations non versées.
Cette paralysie intervient dans un contexte social particulièrement tendu.Les agents dénoncent ce qu’ils qualifient de « mauvaise foi » des autorités urbaines, accusées de ne pas avoir respecté les promesses faites lors des dernières négociations.
« On paralyse la vie pour trouver des solutions aux problèmes du personnel. La grève est illimitée, donc on ne sait pas quand elle va se terminer », a déclaré David Ngengite, président de l’intersyndicale.
La décision de recourir à une grève illimitée a été prise après une réunion tenue le 15 avril, au cours de laquelle l’exécutif provincial n’aurait fourni aucune garantie concrète quant à la régularisation des salaires.
Selon les représentants syndicaux, les autorités avaient pourtant assuré qu’aucun retard ne serait enregistré pour l’année 2026. Face à ce qu’ils considèrent comme un manquement grave à ces engagements, les agents ont choisi de durcir le ton en bloquant totalement l’accès aux services administratifs.
Cette rupture du dialogue social marque un tournant dans les relations entre les travailleurs et l’exécutif provincial, et laisse peu de perspectives à court terme pour une sortie rapide de crise.
Les répercussions de cette grève pourraient être lourdes pour la gestion quotidienne de la capitale. Plusieurs sources locales évoquent déjà des perturbations majeures, notamment au sein des régies financières chargées de la collecte des taxes et impôts.
À terme, cette paralysie risque d’affecter les recettes publiques et de ralentir davantage le fonctionnement des services essentiels, dans une ville déjà confrontée à de nombreux défis structurels.
HERVÉ KABWATILA































































