La motion de défiance déposée le 13 avril 2026 contre Jacquemain Shabani, Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, initiée par Laddy Yangotikala sur fond d’accusations d’incompétence sécuritaire. Cette démarche qui fragilise la cohésion de l’Union Sacrée, cristallise de fortes tensions politiques et révèle des divisions au sein de la famille présidentielle et se heurte à des manœuvres parlementaires visant à bloquer le processus.
Les pétitionnaires, ayant récolté 56 signatures, reprochent au VPM son « incompétence » face à la recrudescence de la criminalité, particulièrement à Kinshasa et dans d’autres centres urbains du pays.
Une guerre interne à l’UDPS et l’Union Sacrée
Bien que la motion soit initiée par un député (membre de l’union sacrée), plusieurs sources et analystes y voient les signes d’une lutte de pouvoir interne, une « guerre de positionnement » au sein de la plateforme du président Tshisekedi plutôt qu’une simple initiative parlementaire liée à l’insécurité.
Des sources internes indiquent que la motion fait l’objet de manœuvres dilatoires de la part de la chambre basse, d’autres sources évoquant une « tentative de diversion » ou des fausses signatures.
Des partisans de Jacquemain Shabani dénoncent une « cabale politique » orchestrée par des détracteurs au sein même de l’UDPS, cherchant à affaiblir une figure montante du parti.
Bien que le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabu, s’est récemment désolidarisé publiquement de la démarche tout en rejetant toute implication, des sources indiquent les relations tendues entre les deux personnalités à la base, la dernière fronde interne. L’émergence de Deo Bizibu (proclamé secrétaire général par intérim par une partie du parti) n’était pas pour certains un incident isolé. Elle était portée par des « poids lourds » comme Jacquemin Shabani et Peter Kazadi, Jean-Claude Tshilumbayi. Ces derniers reprochaient à Augustin Kabuya une gestion jugée « unilatérale » et « clientéliste ».
La mise à l’écart du VPM de l’intérieur se présente comme la cerise sur le plateau de ses nombreux ennemis au sein de sa propre famille politique.
Désolidarisation et pression
Sous la pression de leurs formations politiques, plusieurs députés signataires se sont désolidarisés de l’initiative. Le regroupement AFDC-A de Modeste Bahati a notamment désavoué ses membres signataires, soulignant l’aspect disciplinaire de la crise.
En raison de son initiative, le député Yangotikala a été exclu de son regroupement politique et a dû démissionner de ses fonctions de président ad interim de son parti (AVRP) pour poursuivre sa démarche.
Cette situation souligne la difficulté pour les députés de l’Union Sacrée d’exercer un contrôle sur les membres du gouvernement issus de leur propre camp sans s’exposer à des sanctions pour « indiscipline ».
Le Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée a exigé le retrait de la motion, reprochant à l’initiateur de ne pas avoir consulté la hiérarchie avant d’attaquer le numéro 2 du gouvernement.
Alors que certains médias évoquent une possible perte de confiance du Chef de l’État, Pour l’instant, Jacquemain Shabani est toujours en poste, mais sa position est fragilisée. Le débat sur cette motion de défiance constituera le test décisif pour savoir s’il conserve la confiance de la majorité à l’Assemblée nationale ou s’il sera contraint à la démission
JAMES KABWE































































