En déplacement pour la première fois dans l’est de la République démocratique du Congo depuis sa prise de fonctions, James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO, a insisté sur la nécessité de réunir des conditions techniques et sécuritaires indispensables à la mise en œuvre effective du cessez-le-feu dans la région du Nord-Kivu.
Arrivé ce vendredi à Goma, le chef de la mission onusienne a situé sa visite dans la continuité des efforts diplomatiques récents visant à désamorcer les tensions armées dans l’est du pays. « Goma occupe une place centrale dans les efforts actuels en faveur de la désescalade, de la protection des civils et de l’appui aux processus de paix », a-t-il déclaré à la presse à l’aéroport.
Selon James Swan, cette visite vise à évaluer les conditions concrètes de mise en œuvre du mandat de la mission, tel que défini par le Conseil de sécurité des Nations unies à travers les résolutions 2773 et 2808 adoptées en 2025. Il prévoit notamment des échanges avec les équipes de la mission, les autorités locales ainsi que les parties impliquées dans le conflit.
Le responsable onusien doit également rencontrer les membres du mécanisme conjoint élargi de vérification (EJVM+) ainsi que ceux du centre conjoint d’analyse du renseignement (Joint Intelligence Fusion Center), deux structures clés dans le suivi du cessez-le-feu.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par les pourparlers tenus du 13 au 18 avril à Montreux, en Suisse, entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/M23, dans le cadre du processus de paix dit de Doha. Ces discussions, facilitées notamment par le Qatar, les États-Unis et l’Union africaine, ont permis des avancées vers un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire.
« Nous saluons ces progrès et encourageons les parties à maintenir leur engagement afin de conclure rapidement cet accord », a souligné le chef de la MONUSCO, mettant en avant l’urgence de soulager les populations civiles affectées par le conflit.
Toutefois, James Swan a averti que le succès du cessez-le-feu dépend de plusieurs préalables essentiels. Parmi eux figurent la cessation de l’usage de drones offensifs, l’arrêt du brouillage et de l’usurpation des signaux GPS, ainsi que la garantie d’une liberté totale de mouvement pour le personnel et les équipements de la MONUSCO.
Il a également insisté sur la nécessité d’assurer un accès sécurisé aux infrastructures aéroportuaires et à l’espace aérien, condition jugée indispensable pour permettre aux mécanismes de vérification d’opérer « de manière crédible, sûre et efficace ».
En conclusion, le Représentant spécial a appelé l’ensemble des acteurs impliqués à faire preuve de coopération afin de consolider les acquis fragiles du processus de paix. « Nous espérons renforcer la dynamique en faveur de la désescalade et redonner espoir aux habitants de la région », a-t-il affirmé.
Alors que la situation sécuritaire demeure volatile dans l’est de la RDC, cette visite marque une étape clé dans les efforts de la communauté internationale pour accompagner une sortie durable du conflit.
HERVÉ KABWATILA































































