La situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan a dressé vendredi 26 juin 2026 soir un tableau préoccupant de la crise qui affecte les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Selon les chiffres présentés par la mission onusienne, au moins 632 civils ont été tués depuis le 19 mars 2026 dans les violences liées aux conflits armés qui secouent l’est du pays. Au cours de la même période, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a recensé 1 221 violations des droits humains, touchant près de 3 000 victimes.
Parmi ces violations figurent de nombreux cas de violences sexuelles attribués aussi bien aux groupes armés qu’à certains membres des forces de sécurité congolaises. Les données présentées font état de 392 femmes et 378 enfants parmi les victimes enregistrées.
La MONUSCO s’inquiète particulièrement de la reprise des attaques menées par les . En Ituri, ce groupe armé est tenu responsable de la mort de 287 civils, dont 44 femmes, depuis le dernier rapport présenté au Conseil de sécurité.
Au Nord-Kivu, où une relative accalmie avait été observée au début de l’année, les violences ont repris ces dernières semaines. La mission onusienne rapporte que 66 civils ont été tués, parmi lesquels 17 femmes et trois enfants.
Face à cette situation, la MONUSCO affirme avoir renforcé son dispositif malgré les contraintes budgétaires qui affectent les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Plus de 2 100 patrouilles conjointes ont été menées avec les Forces armées de la RDC (FARDC), tandis que des bases opérationnelles mobiles ont été déployées dans plusieurs zones considérées comme à haut risque.
La mission indique également poursuivre son appui aux mécanismes locaux de résolution des conflits, notamment en Ituri où certains progrès ont été enregistrés dans le dialogue entre groupes armés et communautés locales.
Au-delà des défis sécuritaires, James Swan a lancé un appel aux acteurs politiques congolais afin qu’ils privilégient le dialogue et la recherche d’un consensus sur les grandes questions nationales.
Le chef de la MONUSCO a insisté sur la nécessité de préserver l’espace civique et les libertés fondamentales, estimant que le dialogue inclusif demeure un élément essentiel pour renforcer la cohésion nationale dans un contexte marqué par des tensions politiques croissantes.
Sur le plan humanitaire, les Nations Unies décrivent une situation alarmante. Selon les données présentées au Conseil de sécurité, près de 27 millions de Congolais souffrent actuellement d’insécurité alimentaire, soit plus d’un quart de la population du pays.
Le plan de réponse humanitaire pour l’année 2026 vise à assister 7,3 millions de personnes et nécessite un financement de 1,4 milliard de dollars américains. Toutefois, ce programme n’est financé qu’à hauteur de 53 %, limitant les capacités d’intervention des organisations humanitaires.
« Je remercie les donateurs pour leur générosité et les appelle à financer pleinement ce plan pour répondre aux besoins aigus de la RDC », a déclaré James Swan devant les membres du Conseil de sécurité.
Le responsable onusien a également attiré l’attention sur la fermeture prolongée des banques à Goma ainsi que des aéroports de Goma et de Kavumu, des infrastructures jugées essentielles pour l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones affectées par les conflits.
La MONUSCO a enfin dénoncé la multiplication des attaques contre les acteurs humanitaires.Depuis janvier 2026, quatre travailleurs humanitaires ont été tués en RDC, illustrant les risques croissants auxquels sont confrontées les organisations d’assistance sur le terrain.
Condamnant fermement ces violences, James Swan a appelé l’ensemble des parties impliquées dans le conflit à garantir la protection des civils et du personnel humanitaire, tout en facilitant l’accès aux populations vulnérables.
Notons que, alors que les combats persistent dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri, les Nations Unies redoutent une aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger les populations civiles et favoriser le retour de la stabilité dans l’est de la RDC.
HERVÉ KABWATILA




























































