Alors que Raphaël Katebe Katoto, frère aîné de Moïse Katumbi, mène des consultations à Lubumbashi pour le compte du président Félix Tshisekedi, les réactions d’acteurs locaux ne se sont pas fait attendre. Reçu dans le cadre de ces échanges, l’acteur politique Raymond Muyumba Maila a profité de la tribune pour adresser une mise en garde sévère au pouvoir de Kinshasa.
« Laissez Moïse Katumbi tranquille »
Loin d’adhérer à la démarche de conciliation ou de ralliement implicite portée par l’émissaire présidentiel, Raymond Muyumba Maila a choisi la franchise directe. S’adressant droit dans les yeux à Raphaël Katebe Katoto, il lui a demandé de transmettre un message clair au chef de l’État :
« Va dire au président de la République qu’il laisse Moïse Katumbi tranquille. Ça ne sert à rien de le combattre. Moi-même, je l’ai combattu et je me suis rendu compte qu’il est inutile de le combattre. C’est un choisi de Dieu ».
Pour Muyumba Maila, l’acharnement politique contre le leader de l’opposition ne fera que fragiliser davantage la cohésion nationale, alors que le pays traverse une période sécuritaire et socio-économique déjà critique.
Le Katanga dit « Non » au changement de Constitution
Au-delà du cas personnel de Moïse Katumbi, le véritable point de friction reste le projet de révision ou de changement de la Constitution, vivement contesté par les forces vives de la région. Muyumba Maila a été catégorique : ce projet ne passera pas au Katanga.
Cette position fait directement écho aux récentes déclarations de Moïse Katumbi sur son compte officiel, qui qualifiait toute tentative de modification constitutionnelle de « déclaration de guerre à la République » et de manœuvre dictée par « les démons de la division ».
Une mission de consultations sous haute surveillance
De son côté, Raphaël Katebe Katoto tente de minimiser la personnalisation des débats. Interrogé par les médias locaux, il a affirmé : « Je ne suis pas ici pour un individu. Ma préoccupation principale, c’est la communauté ». L’émissaire a promis de rapporter fidèlement toutes les doléances et tensions socio-politiques du Katanga à Félix Tshisekedi.
Cependant, le ton est donné. En opposant une fin de non-recevoir au projet de réécriture des lois fondamentales du pays, les leaders d’opinion katangais envoient un signal fort à Kinshasa : le Grand Katanga reste un bastion historique de résistance face aux ambitions de pérennisation du pouvoir. Le rapport que Katebe Katoto remettra au Chef de l’État s’annonce d’ores et déjà brûlant.
JAMES KABWE




























































