Alors que le débat autour de la tenue d’un dialogue national inclusif en RDC s’intensifie au sein de la classe politique, l’ancienne ministre du travail et députée nationale Claudine Ndusi M’Kembe a tracé une ligne rouge infranchissable. Pour cette figure politique, hors de question d’utiliser les futures discussions de paix comme une passerelle d’infiltration des forces de sécurité par les éléments rebelles.
« Le dialogue ne doit pas servir à intégrer des groupes armés dans l’armée pour nous détruire », a martelé Claudine Ndusi. Derrière cette déclaration se cache une critique ouverte des anciens mécanismes de transition politiques et sécuritaires. Pendant des décennies, la RDC a intégré des chefs de guerre et des miliciens au sein de son armée républicaine dans l’espoir de stabiliser l’est du pays. Une stratégie qui, selon de nombreux observateurs, a plutôt affaibli l’outil de défense national de l’intérieur, favorisant des vagues successives de défections et de mutineries.
Pour l’élue de Kabare, les pourparlers doivent servir à consolider l’unité et la cohésion nationale face aux agressions extérieures, et non à accorder une légitimité politique ou militaire à ceux qui ont pris les armes contre la République.
Cette position rejoint un courant de pensée de plus en plus partagé à Kinshasa. Plusieurs acteurs de la société civile et experts estiment que l’inclusivité ne peut pas devenir une prime à la rébellion. Le débat actuel oppose deux visions : ceux qui veulent un forum global pour restructurer la gouvernance, et ceux qui estiment que la priorité absolue doit rester la justice pénale pour les auteurs de massacres et de pillages.
En fixant ces conditions strictes, Claudine Ndusi appelle le gouvernement et le chef de l’État à la vigilance. Si dialogue il y a, il devra impérativement se concentrer sur le renforcement de l’autorité de l’État et la sanctuarisation de l’armée, loin des compromis politiques jugés suicidaires pour la patrie.
Alors que l’épineuse question du « dialogue pour quoi faire et avec qui » divise profondément l’opinion, cette déclaration remet la sécurité nationale au centre du jeu politique : aucun compromis politique ne doit se faire au détriment de l’intégrité de l’armée.
JAMES KABWE




























































