Le feuilleton de Cinq wagons, immatriculés 17268-9, 17106-2, 17286-7, 17085-6 et 14278-7 abandonnés en gare de Kananga prend une tournure purement administrative. Face au tollé général et aux accusations de complot politique, le Directeur Général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), Fabien Mutomb, est monté au créneau. Sa ligne de défense est claire : aucune faveur, aucune chasse aux sorcières, mais une simple affaire de factures impayées et de blocage douanier.
Une « récupération politicienne » fustigée
Pour le management de la SNCC, l’agitation autour de cette cargaison relève de la manipulation. Fabien Mutomb a tenu à préciser qu’il gérait un dossier purement commercial. La SNCC a traité avec une entreprise cliente comme elle le ferait avec n’importe quelle autre entité sollicitant l’acheminement de marchandises vers le chef-lieu du Kasaï-Central.
Le Directeur Général a d’ailleurs coupé court aux rumeurs de ciblage politique en affirmant qu’il ignorait que ladite société appartenait à l’opposant Delly Sesanga. Pour la direction de la SNCC, le leader politique n’apparaissait initialement dans le dossier qu’en qualité d’avocat conseil de l’entreprise.
Les chiffres de la discorde : Une facture salée en souffrance
Sur le plan technique et administratif, la SNCC affirme que toutes les procédures initiales ont été respectées. Le nœud du problème est strictement financier :
• Montant total de la facture : 66 033 USD.
• Avance réglementaire exigée : 20 976 USD.
• Acompte réellement versé : 7 000 USD seulement.
Reconnaissant ses difficultés de trésorerie, la société cliente avait introduit une lettre officielle pour solliciter un moratoire, demandant de régler le solde à l’arrivée à Kananga plutôt qu’au comptant au départ. Une dérogation qui ne la dispense en rien de ses obligations, la SNCC insistant sur le fait que la totalité de la facture devra être apurée.
Douane et pénalités : Le double blocage
Si les wagons dorment sur les rails, c’est aussi en raison d’un obstacle légal majeur : la cargaison se trouve actuellement sous douane. Ce statut juridique explique le blocage prolongé de la marchandise en gare.
La SNCC prévient qu’elle n’épongera aucune perte liée à ce retard. Conformément au règlement intérieur de l’entreprise publique, la société propriétaire de la cargaison sera soumise au paiement strict de pénalités financières et de frais de chômage pour l’immobilisation du matériel roulant. Le droit, rien que le droit, loin du bruit des réseaux sociaux.
JAMES KABWE



























































