La Coalition Article 64 (C64), plateforme regroupant plusieurs figures de l’opposition congolaise, a rejeté avec fermeté les consultations populaires annoncées par le président Félix Tshisekedi dans le cadre du dialogue national inclusif. Dans une déclaration rendue publique vendredi, la coalition estime que cette initiative ne répond pas aux préoccupations urgentes du pays et l’accuse de dissimuler un projet de modification de la Constitution visant à prolonger le pouvoir du chef de l’État.
S’exprimant au nom de la coalition, Delly Sesanga, président du parti Envol, a affirmé que la C64 s’oppose catégoriquement à ce qu’elle qualifie de « prétendues consultations populaires ». Selon lui, les défis auxquels fait face la République démocratique du Congo exigent des réponses immédiates plutôt que de nouvelles concertations politiques.
« Le peuple congolais n’est pas dupe. Ces énièmes consultations de Félix Tshisekedi ne répondent ni à l’urgence de la guerre, ni à l’insécurité, ni aux crises sanitaires, ni à la détresse sociale des Congolais. Elles détournent le pays de ses véritables priorités », a déclaré Delly Sesanga.
La coalition estime que derrière l’annonce des consultations se cache une stratégie politique destinée à ouvrir la voie à une révision de la Constitution. « Tshisekedi veut changer la Constitution et se maintenir au pouvoir. Il est dans cette manœuvre et nous le savons », a soutenu l’opposant, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de préparer un troisième mandat présidentiel.
Pour la C64, les consultations proposées par le chef de l’État ne constituent pas une réponse adéquate aux défis sécuritaires, notamment dans l’Est du pays, où les conflits armés continuent d’affecter des millions de personnes. La plateforme accuse également le pouvoir de chercher à instrumentaliser la situation sécuritaire pour justifier une éventuelle prolongation de son maintien à la tête de l’État.
« Pendant que le pays est confronté à la guerre et que les Congolais subissent chaque jour l’insécurité et la dégradation de leurs conditions de vie, M.Tshisekedi est cyniquement préoccupé par un seul projet : comment se maintenir au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles », affirme la déclaration.
La coalition va plus loin en accusant le président de mettre en danger l’intégrité territoriale du pays. Elle estime que les ambitions qu’elle prête au chef de l’État pourraient compromettre la stabilité institutionnelle et politique de la RDC.
« La C64 s’élève contre les ambitions de Félix Tshisekedi, qui est prêt à consolider la balkanisation du pays pour son maintien au pouvoir au-delà de la fin de son mandat », souligne le document, rappelant que l’échéance constitutionnelle de l’actuel mandat présidentiel approche progressivement.
Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce par Félix Tshisekedi d’un dialogue national inclusif présenté comme un cadre destiné à recueillir les préoccupations des citoyens et à renforcer la cohésion nationale.
Alors que plusieurs acteurs politiques de la majorité présidentielle ont déjà exprimé leur soutien à cette initiative, une partie de l’opposition demeure sceptique quant à ses objectifs réels.
Le débat autour du dialogue national annoncé par le chef de l’État s’annonce ainsi comme l’un des principaux enjeux politiques des prochains mois, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et les discussions récurrentes autour de l’avenir institutionnel de la RDC.
HERVÉ KABWATILA



























































