Le monde académique de l’est de la République Démocratique du Congo est en ébullition. Vingt-quatre heures après la publication d’une lettre ouverte fracassante, le Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu maintient la pression sur le gouvernement central. En cause : la suspension temporaire des activités académiques dans plusieurs établissements publics de Goma et de Bukavu, une mesure officielle qui passe très mal auprès des principaux concernés.Pour cette structure citoyenne, le verdict est sans appel. Cette décision administrative cache un drame social et humain de grande ampleur, menaçant directement l’avenir de plus de 25 000 étudiants.
L’indignation de la jeunesse locale repose sur un flou artistique total entourant les mesures d’accompagnement de Kinshasa. Si les cours s’arrêtent à Bukavu et Goma, le gouvernement suggère à demi-mot une délocalisation des cursus vers des zones comme Beni, Butembo ou Bunia. Une hérésie logistique et financière selon les leaders de la jeunesse.
Junior Kamwele, figure de proue de cette contestation, pose publiquement les questions qui fâchent :
« Rien n’est dit sur le mécanisme de prise en charge : le gouvernement va-t-il assurer leur logement, leur nourriture et la couverture de leurs frais académiques là où ils iront ? »
Au-delà du défi logistique, c’est la réalité financière des ménages qui rend cette décision inapplicable sur le terrain. Déjà durement éprouvées par une crise économique chronique liée à l’instabilité de la région, les familles de Bukavu sont incapables de financer un exil académique.
Payer un billet de transport, louer un nouveau logement et nourrir un étudiant à des centaines de kilomètres de sa maison relève de l’impossible pour la majorité des parents. En qualifiant la mesure de « suicidaire », le Conseil urbain de la jeunesse rappelle que priver ces jeunes d’universités locales revient, purement et simplement, à briser leur élan vital et à les condamner à l’oisiveté.
Face à ce qu’il qualifie d’impasse, le Conseil de la jeunesse refuse de croiser les bras. Il lance un appel pressant et solennel aux députés nationaux et sénateurs du Sud-Kivu siégeant à Kinshasa.
La structure exige que ces élus sortent de leur mutisme pour défendre les intérêts d’une jeunesse déjà lourdement sacrifiée sur l’autel de l’insécurité grandissante dans l’Est de la RDC. Pour Bukavu, le message est clair : la sécurité ne doit plus servir de prétexte à la destruction du système éducatif. Le gouvernement est désormais attendu au tournant pour revoir sa copie, sous peine de voir la colère de la rue rejoindre celle des amphithéâtres.
LA REDACTION




























































