La vigilance sanitaire internationale se renforce autour de la flambée d’Ebola signalée dans l’est de la République démocratique du Congo. Après les mesures restrictives annoncées récemment par les États-Unis, l’Inde a à son tour décidé de durcir les contrôles sanitaires dans ses aéroports afin de prévenir tout risque d’importation du virus sur son territoire.
Dans une note publiée jeudi 21 mai 2026 par le Directorate General of Health Services (DGHS), organe relevant du ministère indien de la Santé, les autorités sanitaires demandent désormais à tous les voyageurs en provenance ou en transit par la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud de signaler immédiatement tout symptôme suspect aux services sanitaires présents dans les aéroports.
Cette décision intervient dans un contexte de forte inquiétude internationale alimentée par un incident aérien survenu mercredi entre l’Europe et les États-Unis.
Un vol Air France opéré en partenariat avec Delta Airlines, assurant la liaison entre Paris et Detroit sous la référence DL8719, a été dérouté vers Montréal, au Canada, après l’embarquement d’un passager congolais malgré les nouvelles restrictions sanitaires américaines.
Selon les autorités américaines des douanes et de la protection des frontières, l’appareil n’a pas été autorisé à atterrir à Detroit. Le passager concerné a été débarqué à Montréal avant que le vol ne reprenne sa route vers sa destination finale.
L’incident illustre le durcissement progressif des mesures de surveillance sanitaire adoptées par plusieurs États face à la progression de l’épidémie dans la région des Grands Lacs africains.
Face aux restrictions imposées par Washington, le gouvernement congolais tente d’apaiser les inquiétudes de ses partenaires internationaux. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a affirmé que les autorités congolaises privilégiaient « le dialogue avec Washington » afin d’expliquer que l’épidémie demeure circonscrite à certaines zones de l’est du pays.
Selon lui, les équipes médicales et les autorités sanitaires poursuivent activement les opérations de riposte, notamment à travers le suivi des contacts, le dépistage communautaire et le renforcement des capacités de prise en charge.
Au 20 mai, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, faisait état de près de 600 cas suspects et de 139 décès suspects liés à cette nouvelle flambée d’Ebola.
L’organisation onusienne avertit toutefois que ces chiffres restent provisoires et pourraient évoluer rapidement au cours des prochains jours, alors que les investigations sanitaires se poursuivent dans les zones affectées.
La résurgence d’Ebola en RDC ravive les inquiétudes mondiales autour d’un virus particulièrement meurtrier, dont plusieurs épidémies ont déjà frappé l’Afrique centrale au cours des deux dernières décennies. Les autorités sanitaires internationales redoutent désormais que l’intensification des flux aériens internationaux ne favorise une propagation transfrontalière du virus, malgré les dispositifs de surveillance déjà en place.
HERVÉ KABWATILA



























































