L’opposant congolais Martin Fayulu a adopté un ton mesuré au sujet des sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 08 mai 2026 à Kinshasa, le président du parti Ecide a estimé que les débats en République démocratique du Congo devaient davantage se concentrer sur les défis internes plutôt que sur les décisions prises par les États-Unis.
« Laissons les Américains mener leur politique comme ils l’entendent, et concentrons-nous sur la nôtre. S’ils ont décidé de sanctionner Joseph Kabila, ils en connaissent eux-mêmes les raisons. Ce n’est pas à nous de leur demander de le faire », a déclaré Martin Fayulu devant la presse.
L’opposant a insisté sur la nécessité, selon lui, pour les acteurs politiques congolais de privilégier les questions liées à la gouvernance, à la cohésion nationale et à la situation socio-économique du pays.
Au cours de cette même conférence de presse, Martin Fayulu est également revenu sur l’état actuel de l’opposition politique congolaise, répondant indirectement à certaines déclarations du président Félix Tshisekedi concernant la « fragilité » de l’opposition.
« Aujourd’hui, quelqu’un va vous dire “opposition ya pete pete”. Mais où était l’UDPS entre 2006 et 2010 ? Qui parlait de l’UDPS dans ce pays ? C’est moi qui ai ressuscité l’UDPS », a-t-il affirmé.
Par cette déclaration, le leader de l’Ecide entend souligner son implication passée dans les dynamiques politiques ayant contribué à maintenir l’opposition active durant les années précédant l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir.
Martin Fayulu s’est par ailleurs opposé à l’idée d’un éventuel troisième mandat pour Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle de 2028. Cette réaction intervient après les propos récents du chef de l’État affirmant qu’il pourrait briguer un nouveau mandat « si le peuple le veut ».
Le candidat malheureux à la présidentielle de 2023 a promis de combattre toute initiative qu’il juge contraire à la Constitution.
« Avec la majorité du peuple congolais, nous allons barrer la route à tout projet de troisième mandat de monsieur Félix Tshisekedi comme nous l’avons fait hier pour monsieur Joseph Kabila. Car partout, le peuple nous répète ceci : “Commandant du peuple Fayulu, en 2028, qu’il le veuille ou non, il devra partir” », a-t-il déclaré devant un parterre de journalistes.
Martin Fayulu a également mis en garde contre les risques de tensions politiques et institutionnelles qu’un tel projet pourrait engendrer.
« Il serait extrêmement grave que les fils d’Étienne Tshisekedi entrent dans l’histoire comme ceux qui auront fragilisé la cohésion nationale et consacré la balkanisation de la RDC », a-t-il averti, appelant le président de la République à faire preuve de sagesse.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique marqué par des débats croissants autour de l’avenir institutionnel du pays et des rapports entre majorité et opposition à l’approche des prochaines échéances électorales.
HERVÉ KABWATILA




























































