Une nouvelle polémique secoue l’opinion publique en République démocratique du Congo après des déclarations du pasteur congolais Jules Mulindwa, connues pour leurs prises de position souvent controversées.
Lors d’une prédication le dimanche 14 juin 2026 largement relayée sur les réseaux sociaux, dont une copie consultée par la rédaction ce mardi 16 juin, le prédicateur a affirmé que « si le président Félix Tshisekedi tue des opposants, il ne commet aucun péché devant Dieu, car cela permettrait de consolider son pouvoir ».
Pour justifier son raisonnement, Jules Mulindwa s’est appuyé sur le passage biblique de Romains 13:4, qui présente l’autorité publique comme « serviteur de Dieu » chargé de punir ceux qui commettent le mal.
Selon lui, le chef de l’État disposerait ainsi d’une légitimité spirituelle pour agir contre ceux qu’il considère comme des menaces à la stabilité du pays.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par les débats autour d’un éventuel changement de la Constitution ainsi que par les manifestations organisées ces dernières semaines par plusieurs partis et mouvements de l’opposition. Ces rassemblements, notamment celui du 12 juin dernier à Kinshasa, ont été émaillés de violences et ont donné lieu à plusieurs dénonciations concernant l’usage de la force par les services de sécurité.
Au cours de son intervention, le pasteur a également critiqué les actions de l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle. Il a accusé les adversaires du pouvoir de chercher à déstabiliser les institutions du pays, tout en soutenant la nécessité pour les autorités de préserver l’ordre public.
Les réactions n’ont pas tardé à se multiplier. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes, acteurs de la société civile et responsables politiques ont condamné des propos qu’ils considèrent comme une justification de la violence politique.
Plusieurs voix ont dénoncé une déclaration susceptible d’encourager la haine et d’exacerber davantage les tensions dans un climat déjà marqué par de fortes crispations politiques.
Des analystes politiques et défenseurs des droits humains rappellent que le débat démocratique doit s’exercer dans le respect de la vie humaine, des libertés fondamentales et des principes de tolérance.
Ils appellent les responsables religieux, dont l’influence sur la population demeure importante, à faire preuve de retenue et de responsabilité dans leurs prises de parole publiques.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée ni de la part de la présidence de la République ni des autorités judiciaires concernant les propos du prédicateur.
Cette controverse relance par ailleurs le débat sur la place et le rôle des leaders religieux dans le débat politique en RDC. Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires et institutionnels majeurs, plusieurs observateurs estiment que les acteurs religieux sont appelés à contribuer à l’apaisement du climat social plutôt qu’à alimenter les divisions.
Il convient de rappeler que Jules Mulindwa avait déjà fait l’objet de sanctions du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).L’organe de régulation des médias l’avait suspendu pour une durée de 30 jours d’accès aux médias à la suite d’une précédente sortie médiatique jugée contraire aux règles de communication publique.
Face à la montée des tensions politiques, plusieurs organisations citoyennes appellent désormais à privilégier le dialogue et à éviter tout discours pouvant être interprété comme une incitation à la violence ou à l’élimination d’adversaires politiques.
HERVÉ KABWATILA



























































