Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe doit se prononcer, ce vendredi 18 septembre 2026, sur la situation judiciaire de Nathanaël Onokomba, détenu à la prison centrale de Makala.L’audience intervient après la reprise de l’instruction de son dossier et les contestations soulevées par sa défense sur la régularité de sa détention.
Nathanaël Onokomba est poursuivi devant la juridiction de droit commun pour des faits notamment qualifiés d’« apologie du terrorisme », ainsi que pour des infractions liées à la négation, la minimisation, l’approbation ou la justification de crimes internationaux commis dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le dossier était auparavant examiné par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe. Celui-ci s’était finalement déclaré matériellement incompétent le 26 juin 2026, entraînant le transfert de la procédure vers les juridictions civiles.Onokomba avait ensuite été transféré de la prison militaire de Ndolo à la prison centrale de Makala, fin juillet.
Au cours des audiences devant le TGI/Gombe, les avocats de Nathanaël Onokomba ont contesté plusieurs aspects de la procédure. Ils soutiennent notamment qu’après le dessaisissement de la justice militaire, le parquet près le TGI/Gombe n’aurait pas accompli de nouveaux actes d’instruction à l’encontre de leur client. Selon eux, Onokomba n’aurait notamment pas été auditionné par le parquet civil après la transmission du dossier.
La défense conteste également la régularité des actes ayant conduit au maintien de son client en détention. Les avocats affirment que le mandat d’arrêt provisoire délivré par l’Auditorat militaire en janvier 2026 n’aurait pas été régulièrement relayé ou régularisé dans le cadre de la procédure devant la juridiction civile.
Cette question a déjà été soulevée lors des précédentes audiences. Le 28 août, les conseils du prévenu avaient demandé en priorité la levée de sa détention préventive, invoquant l’absence, selon eux, d’un titre de détention valable, et subsidiairement sa mise en liberté provisoire. La demande de mise en liberté provisoire a ensuite été rejetée par le tribunal, tandis que la défense a maintenu sa contestation sur la régularité de la détention et annoncé son intention de saisir la Chambre du conseil sur cette question.
Lors de son intervention devant les juges, Nathanaël Onokomba a rejeté les accusations portées contre lui et demandé à la juridiction de faire application de la loi.Le prévenu a également évoqué les conséquences de sa détention sur sa vie personnelle et son parcours universitaire.
Il affirme notamment avoir manqué sa session académique durant les mois passés en détention.
Son intervention a été marquée par plusieurs références bibliques, notamment à Ponce Pilate et au roi Hérode. S’adressant aux juges civils, il les a appelés à statuer, selon lui, sur la seule base du droit.
« Je suis entre vos mains. Si vous voulez que je reste ici, si c’est la loi qui le veut, j’accepte. Mais si vous pensez qu’il est juste de me laisser partir, ma famille a besoin de moi », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés lors de l’audience.
Il a également affirmé être détenu depuis plusieurs mois et a demandé aux juges de prendre en considération les conséquences de cette détention sur ses études.
L’affaire remonte à l’arrestation de Nathanaël Onokomba, intervenue à la fin de l’année 2025 à Kinshasa. Il avait d’abord été détenu dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense avant son transfert à la prison militaire de Ndolo en janvier 2026.
Devant la justice militaire, les poursuites portaient notamment sur des propos publiés sur les réseaux sociaux et considérés par l’accusation comme constitutifs d’infractions liées au terrorisme et à la négation ou à la minimisation de crimes commis dans l’est de la RDC.
La justice militaire s’est finalement déclarée incompétente pour connaître de l’affaire, ouvrant la voie à sa transmission aux juridictions de droit commun. Le dossier est depuis examiné par le TGI de Kinshasa/Gombe.
L’audience du vendredi 18 septembre doit permettre au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe de poursuivre l’examen du dossier et de statuer sur les demandes encore soumises à son appréciation.
La question de la détention demeure au centre des préoccupations de la défense, qui conteste la régularité du titre sur lequel elle repose.De son côté, la procédure au fond se poursuit devant la juridiction civile.
À ce stade, les arguments avancés par la défense sur les irrégularités alléguées constituent des prétentions procédurales qui doivent encore être appréciées par le tribunal. Le prononcé à venir permettra notamment de connaître la position de la juridiction sur les demandes formulées par les conseils du prévenu.
HERVÉ KABWATILA



























































