Le débat sur un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue de provoquer de vives tensions au sein de la classe politique, mais également dans les milieux religieux.Depuis plusieurs semaines, des prises de position opposées de certains leaders des églises de réveil alimentent une controverse qui prend désormais une ampleur nationale.
Le dimanche 10 mai 2026, le pasteur Moïse Mbiye, responsable de l’église Cité Béthel Assemblée Centrale et surnommé « La Réserve de l’Éternel », est monté au créneau lors d’une prédication largement relayée sur les réseaux sociaux. Dans son intervention, l’homme de Dieu s’en est pris aux pasteurs favorables au changement de la Constitution, les qualifiant notamment de « camp de lépreux », une déclaration qui a suscité une vague d’indignation dans plusieurs cercles religieux.
Quelques heures après cette sortie médiatique, plusieurs responsables ecclésiastiques et figures chrétiennes ont réagi publiquement. Parmi eux, l’évangéliste Epaphras Ikombi, ancien collaborateur de Moïse Mbiye, a répondu via une publication sur sa page Facebook.
Dans un message perçu comme une réponse directe au pasteur de Cité Béthel, il a déclaré que « l’onction ne rend pas impoli », une phrase devenue virale sur les réseaux sociaux congolais.
Ce mercredi 13 mai 2026, c’est au tour de l’évêque Pascal Mukuna, leader influent des églises de réveil et chef spirituel de l’Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK), de sortir de son silence. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le prélat a exhorté Moïse Mbiye à présenter des excuses publiques à ses pairs religieux.
« Moïse Mbiye, je le considère comme mon fils. Son père fut un grand ami pour moi et s’il a vraiment dit que nous sommes une assemblée de lépreux, qu’il demande pardon aux papas », a déclaré l’évêque Pascal Mukuna.
Le responsable de l’ACK a également défendu la position des pasteurs favorables à une réforme constitutionnelle, estimant que celle-ci répondrait aux réalités actuelles du pays.
« Aujourd’hui nous sommes dans une logique noble pour le changement de la Constitution, d’autant plus que notre pays souffre et que Dieu nous a donné un président conscient de la situation actuelle. Cela demande une avancée et nous ne pouvons plus reculer », a-t-il affirmé.
Pour illustrer son propos, Pascal Mukuna a utilisé une comparaison familiale :
« Si un enfant donne de l’argent à sa maman pour garder et que plus tard la maman utilise cet argent, l’enfant a-t-il le droit de frapper ou d’insulter sa maman ? Et les gens qui viendront après, s’ils apprennent que l’enfant a tabassé sa maman, comment vont-ils considérer cela ? » Cette nouvelle sortie médiatique confirme les profondes divergences qui traversent actuellement les milieux religieux congolais autour du débat constitutionnel.
Alors que certains leaders spirituels soutiennent l’idée d’une réforme qu’ils jugent nécessaire pour l’évolution du pays, d’autres dénoncent une initiative qu’ils considèrent comme politiquement risquée et contraire aux principes démocratiques. Dans l’opinion publique, ces échanges musclés entre figures religieuses suscitent de nombreuses réactions.
Plusieurs observateurs appellent désormais les responsables ecclésiastiques à privilégier un discours d’apaisement afin d’éviter que les divergences politiques ne fragilisent davantage l’unité des communautés chrétiennes en RDC.
HERVÉ KABWATILA




























































